| Émancipation

Depuis mon plus jeune âge, autour de moi les gens ne lisent pas. Pas surprenant qu’un jeune sur dix soit en grande difficulté de lecture, selon une étude de la direction des études statistiques du ministère de l’Éducation. J’imagine qu’ils n’y pretent absolument aucun intérêt. À ce que j’en sais, pour eux lire est une perte de temps ennuyante, un « truc d’intello ». S’ils savaient à quel point ils se trompent… Je suis convaincu que la lecture, en permettant de forger son esprit critique aide par la même occasion à envoyer valser nos propres paradigmes sociaux : la pauvreté, le manque d’éducation, les portes fermées, l’isolement, l’ostracisme, pour ne citer qu’eux.

Alors évidemment, j’ai bien conscience du paradoxe qui va suivre, mais j’aimerais écrire ici pour m’adresser à celles et ceux qui ne lisent pas. Dans cette publication, j’aimerais parler des raisons qui m’ont pousser à lire, de ce que la lecture m’a apporté et, surtout et par extension, de ce que cela pourrait apporter à celles et ceux qui ne lisent pas. Qui ne lisent pas, ou plutôt qui ne lisaient pas encore. #fingercrossed

Esprit critique : remettre les paradigmes en perspective

Si vous avez vu cette vidéo d’Obama qui raconte de parfaites inepties face caméra, vous savez qu’aujourd’hui plus que jamais il est indispensable de forger son esprit critique. Pourquoi ? Parce que cette vidéo est une parfaite invention, un leurre, un faux discours qui ressemble à s’y méprendre à un vrai, du ton de la voix à la gestuelle du présumé président. Obama tout craché. Craché, c’est bien le mot. Dans un monde aussi rapide que le notre, où la quantité d’informations disponibles est chaque jour plus grande, il est devenu très difficile de distinguer le vrai du faux ? Selon Tarun Khanna, professeur de la Harvard Business School, le problème aujourd’hui pour s’assurer de la véracité d’une information, ce n’est pas le manque d’information mais bien le trop d’information – dans les pays développés en tout cas. Quand cette pléthore d’informations est parsemée de vraies autant que de fausses informations, il est en effet plus que nécessaire de forger son esprit critique.

Changer le monde commence par se changer soi-même

Roger Mondoloni

Dans le même temps, il est vrai que se forger un esprit critique permet de voir la réalité en face, aussi froide puisse-t-elle être. Je ne vais pas vous mentir, ça peut faire mal parfois. En fait, ça fait souvent mal. On apprend à vivre avec. D’ailleurs, selon Susan Elderkin, auteure de The Novel Cure, « l’un des principaux effets secondaires de la lecture est qu’elle peut révolutionner notre vision du monde ». Voilà l’enjeu, changer notre vision du monde. Du monde dans sa globalité, de votre monde en particulier. Ce faisant, c’est également le regard que vous avez sur vous même à l’intérieur de ce monde qui évolue. Vous prendrez conscience que finalement, la plupart du temps les choses ne sont pas si définies qu’elles pourraient le paraître et que vous pouvez être maître de votre vie. En effet, je suis convaincu que c’est en lisant que l’on apprend davantage de choses, qu’on est mieux armé.e.s face au monde, que l’on peut se forger un esprit critique, être plus productifs.ves… changer son monde.

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Avoir un esprit critique, c’est systématiquement mettre en perspective les informations qui vous sont communiquées. C’est remettre les choses dans leurs contextes. Plus vous aurez forgé votre esprit critique, plus vous serez à même de briser les paradigmes de votre propre condition. Votre propre condition, vos propres paradigmes… c’est aussi par le biais de la lecture que vous pourrez les définir avec plus de précision. En effet, la lecture permet de mieux se connaître soi même.

Esprit critique et conscience de soi

Nous venons de le dire, se forger un esprit critique passe entre autre par la lecture. Nous pourrions aussi évoquer le questionnement, l’échange et le partage des connaissances. Mais pour l’occasion, concentrons nous sur la relation étroite entre lire et aiguiser son esprit critique et sa conscience de soi.

En effet, il me semble qu’il est convenu que lire davantage permet d’étayer son vocabulaire. En ce faisant, il est plus aisé de mettre des mots sur ses pensées, de les exprimer – ne serait-ce que pour soi même, intérieurement – avec plus de précisions, en en donnant une image plus compréhensible. Ainsi, en lisant vous vous rendrez compte que parfois les auteurs parviennent à mettre des mots sur vos pensées les plus ambigües, les plus profondes. Toutes ces pensées que vous avez toujours ressenties sans jamais parvenir à leur donner un nom. Cela est d’autant plus vrai lorsque vous lisez de la philosophie qui, soit dit en passant n’a rien d’un truc d’intello.

D’ailleurs, pour reprendre la formulation de l’anthropologue Michèle Petit, en lisant « on prend quelque chose qui vient de l’autre pour faire son chemin« . C’est bien cela, en lisant, nous nous imprégnons des idées des autres pour les faire nôtres. Là où c’est extrêmement intéressant, c’est justement qu’en lisant davantage, vous fournissez à votre moulin intérieur de plus en plus d’idées à remuer, à mélanger, à malaxer, à combiner. C’est cet exercice, précisément, qui forge votre esprit critique. Avec un ensemble d’idées à votre disposition, vous pouvez mieux comprendre qui vous êtes, mieux vous expliquer le monde, celui dans lequel vous vivez et celui qui est votre.

Evidemment, se mettre face à autant d’idées, de pages, de mots, peut paraître effrayant. Qui a déjà lu a forcément eu cette impression de n’avoir absolument rien retenu de la page, voire du paragraphe, voire du livre qu’il.elle vient de lire. Et en effet, retenir chacune des phrases est mission impossible.

Vous ne retiendrez pas tout ce que vous lisez… en êtes vous vraiment sûr.e ?

L’un des gros avantages de la lecture, c’est qu’elle n’exige pas d’efforts considérables a priori. Le simple fait de lire, qu’on le veuille ou non, que l’on ait l’impression de retenir ou non ce que l’on a lu, a une influence sur nous. Nos lectures modèlent nos pensées, quand bien même nous sommes persuadés de n’avoir absolument rien retenu de ce que l’on a lu. Vous ne vous en souvenez peut être pas mais ne vous inquiétez pas. A priori, c’est parfaitement normal. Même pour une grande professionnelle de la lecture comme Pamela Paul, éditrice du New York Times Book Review, se souvenir d’un livre après l’avoir lu c’est difficile.

Et pourtant, même si nous ne nous souvenons pas exactement de chaque détails de l’histoire ou des idées évoquées, je reste persuadé pour en avoir été témoin, que nous nous imprégnons malgré tout des idées développées par les auteurs. C’est ce que je vous disais un peu plus haut et cela est d’autant plus vrai pour les lectures philosophiques, qui ont pour vocation de développer les idées. Et lorsque je lis de la philosophie, j’ai en effet parfois l’impression d’être complètement perdu dans le texte, de n’avoir rien compris des deux, voire des dix dernières pages. C’est assez frustrant, voire déroutant, parfois. Néanmoins, aussi surprenant que cela puisse paraître, une fois le livre refermé je retiens l’idée principale de ces pages. Parfois même, ces idées me reviennent en mémoire des jours, des semaines, des mois ou même des années plus tard. Cela vous arrivera à vous aussi, du moins si vous n’êtes pas encore un lecteur assidue. Et c’est parfaitement normal, c’est même ce qui est le plus grisant dans toute cette histoire… S’être approprié une idée, l’avoir murie en son for intérieur, l’avoir fait sienne. En d’autres termes, avoir forgé son esprit critique.

C’est désormais pour moi une grande source de fierté que de dire que j’ai appris la grande majorité de ce que je sais de mes lectures. Et bien que je parle ici au passé, je vous prie de bien vouloir croire que je continue à lire et à apprendre tous les jours. C’est pourquoi je ferai toujours tout mon possible pour partager mes lectures, offrir des livres, partager des articles et en discuter avec qui le voudra. Sortir des routes que vous n’avez pas choisies, briser les paradigmes qui vous retiennent prisonniers.ères est un choix. Le choix d’affiner son esprit critique, d’obtenir des réponses, d’engranger des connaissances. Le choix de lire.

Amitiés,

Romain

Photo by Marina Vitale on Unsplash

Sources :

Youtube : Fake Obama created using AI video tool – BBC News

Caminteresse.fr : Pourquoi lire nous fait-il du bien ?

LeFigaro.fr : Un jeune sur dix en grande difficulté de lecture

Slate.fr : Pourquoi on ne se souvient pas des livres qu’on a lus ni des films qu’on a vus

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